Historique
Une fois débarrassée de ses problèmes politiques, la FTQ-Construction s’attaque aux grandes questions de l’heure. Dans le courant des années 1980, la FTQ-Construction s’attaque directement à se constituer l’association représentative la plus innovatrice et active dans l’industrie de la construction.
Le gouvernement du Québec est à mettre en vigueur la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Il n’est pas question que la construction soit absente de cet important dossier. La FTQ est appelée à nommer les membres qui siègeront en son nom au conseil d’administration de la nouvelle Commission de la santé et de la sécurité du travail. Jean Lavallée, directeur général et secrétaire financier de la FIPOE et président de la FTQ-Construction est parmi ceux-ci.
Il faut que les représentants se forment aux nouvelles réalités juridiques : droit de refus, contaminant, programme de prévention, bureau de révision, préoccupation en matière de prévention et d’inspection. Non seulement, un nouveau vocabulaire se répand dans nos troupes, mais aussi un nouveau dynamisme envahit les milieux de travail. À ce jour, le dossier de la santé et la sécurité du travail est et demeure toujours une priorité pour la FTQ construction.
Il faut aussi s’assurer de combler l’ensemble des postes où la FTQ-Construction doit être présente. Conseil d’administration de la l’office de la construction du Québec (OCQ), comité mixte pour les questions relatives aux avantages sociaux, notamment, il faut être non seulement présent partout, mais aussi les plus compétent. Malgré des moyens réduits, la FTQ-Construction met donc en branle un premier projet d’éducation syndicale.
La crise économique de 1982 en tant que révélateur de solidarité
Mais tout cela se passe dans un contexte difficile. En ce début des années 1980, l’économie va mal et c’est peu dire. Jamais une récession n’a frappé si durement le Québec depuis la «crise» économique amorcée à l’automne de 1929. Le taux de chômage atteint des sommets inégalés et les taux hypothécaires grimpent à plus de 21%. Le nombre d’heures travaillées tombe à son plus bas niveau en 1983 avec 67,8 millions. En huit ans à peine, sachant que chaque salarié travaille environ 1 000 heures en moyenne par année, il s’est perdu plus de 87 000 emplois. Aucune industrie dans l’histoire présente n’a connu une décroissance telle sur une période de temps aussi restreinte.
Face à cette situation, l’industrie innove en proposant le projet «Corvée habitation».Il vise à maintenir, sinon stimule la construction résidentielle. Il faut tenir coûte que coûte en attendant la reprise économique. Les travailleurs acceptent de financer la baisse des taux d’intérêt, de la construction résidentielle dans l’ordre de deux pour cent. Leur sacrifice est important puisque c’est à même la cotisation à leur fonds de retraite que les sommes sont perçues à cette fin.
Au-delà de ces gestes collectifs, mais anonymes, les travailleurs de la FTQ-Construction vont encore plus loin dans leur démonstration de solidarité. Nombreux sont ceux qui, après avoir «accumulé leurs timbres de chômage» appellent le syndicat ou un confrère sans travail pour laisser sa place à un «moins chanceux» que lui. Si cette pratique est illégale au sens de la Loi sur l’assurance-emploi, elle ne l’est ni en matière de justice sociale, ni en équité. Alors que les gouvernements refusent d’étaler les travaux de manière à maintenir l’emploi, de planifier la croissance et la décroissance, de palier à l’essoufflement de l’investissement privé par un support de l’investissement public, la FTQ-Construction ne peut condamner l’initiative de ceux que l’on a abandonnés dans la déroute économique. Car il faut bien l’avouer, le rendement sur le capital, lui, n’est pas à la baisse et la richesse continue de croître de manière inversement proportionnelle à l’apparition de la pauvreté chez la classe ouvrière.
Les syndicats de la construction sont aussi aux prises avec les pires conditions d’exercices qu’ils ont connues. Dans la majorité des sections locales, les représentants syndicaux oeuvrent la moitié de l’année comme bénévole. L’administration de base vient rafler la totalité des cotisations syndicales perçues. Mais dans ce contexte de difficultés réelles, les gestes de solidarité au quotidien manifestés par l’ensemble de cette collectivité ne peuvent qu’assurer qu’à la sortie de cette crise, la FTQ-Construction aura triomphé.
Mais la FTQ-Construction n’est pas la seule à proposer des projets innovateurs ou à poser des gestes de solidarité. En 1983, Louis Laberge, président de la FTQ, met en branle son projet de soutien et de création d’emploi : le Fonds de solidarité.

























