
En 1989, le gouvernement du Québec remettait entre les mains des parties syndicale et patronale la formation professionnelle. Ce geste que l’on peut qualifier d’historique pour l’industrie de la construction, a largement modifié, sous plusieurs aspects la réalité de notre secteur d’activité économique.
Cette nouvelle responsabilité dévolue aux partenaires de l’industrie de la construction nous a obligé à revoir fondamentalement nos façons de faire et nos modes de fonctionnement (1). Nous nous sommes vus aussi dans l’obligation de remettre en question l’ensemble des moyens mis en place pour atteindre nos objectifs qui se résument simplement à ceci: ouvrir l’accès de l’industrie aux finissants du secondaire, en privilégiant la voie de la compétence et assurer à ceux qui y sont déjà, l’obtention d’une formation permanente leur permettant de maintenir à jour les savoirs et les acquis. Plus encore, aux yeux de la FTQ-Construction, il paraissait impératif de mettre sur pied un régime de formation professionnelle permettant à notre population, par le perfectionnement et le recyclage, d’évoluer au rythme des nouvelles technologies.
En effet, trop souvent l’opinion générale perçoit l’industrie de la construction comme un secteur en perte de vitesse et qui dans quelques années devra céder le pas à d’autres secteurs de pointe. On croit à tort que les autres secteurs sauront, à la différence de la construction, faire à moindre coût et par de meilleurs procédés offrir un produit de qualité supérieure. La réalité est pourtant toute autre puisque dans les faits ce sont les autres secteurs d’activités qui récupèrent notre main-d’œuvre spécialisée, sans parler de bon nombre d’entreprises hors construction qui requiert nos services pour exécuter leurs travaux de maintenance ou d’entretien.
L’industrie de la construction au Québec a su se doter de programmes et de structures qui font de nos finissants et de nos salariés une main-d’œuvre des plus compétentes à travers le monde. Il est toujours étonnant de remarquer que nous sommes mieux perçus à l’étranger que chez nous. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons, dont notamment parce que notre régime est mal connu, parce que pour maintenir notre haut standard de qualité il est nécessaire de déterminer des exigences et qu’enfin on ne peut ignorer que présentement toute forme de contrainte est fort mal perçue par les fervents de la déréglementation. Pourtant, comment peut-on accéder à la compétence sans un minimum de contraintes.
Sur un second plan, il me paraît nécessaire d’ajouter que notre industrie évolue aussi rapidement que tous les autres secteurs industriels de notre société. À titre d’exemple, nous construisons des usines à la fine pointe de la technologie, nos bâtiments sont dotés des meilleurs systèmes de robotique ou de domotique. Les nouvelles technologies touchant le bâtiment, sa machinerie ou la machinerie de production sont intégrés à nos devis de formation dès que la demande aux bâtiments et la machinerie de bâtiment ou de production sont introduits dans nos plans de formation et dès que la demande se fait sentir.
Voilà pourquoi nous croyons qu’un des principaux freins à notre réputation, en matière de formation et de compétence, tient uniquement à la méconnaissance de notre régime de formation. On comprendra facilement que la principale conséquence de cette méconnaissance est de nuire à l’entrée des jeunes sur le marché du travail, les limiter dans leur apprentissage et les condamner à occuper, au moment où ils ont acquis leur compétence, des emplois de second ordre.
De manière à mieux vous informer dans le domaine de la formation professionnelle, nous vous proposons, dans les mois qui viennent, de vous entretenir des enjeux réels de cet aspect de l’industrie. Nous tenterons de mieux faire connaître la formation en cours et nous vous ferons part des moyens que nous mettrons en œuvre, conjointement avec nos partenaires, afin de toujours être en mesure de conserver notre leadership en matière de formation.
En terminant, permettez nous de souligner que toute personne au Québec est directement concernée par le niveau de compétence de nos travailleurs. En effet, chaque consommateur est en droit d’exiger que l’immeuble qu’il habite ou qu’il acquiert est construit selon les normes de qualité en vigueur. Il en est de même pour chaque utilisateur de nos infrastructures. Selon nous, nos concitoyens ont aussi droit à ce que les routes qu’ils parcourent les mettent à l’abri de vices de construction afin de ne pas mettre en danger leur santé ou leur sécurité. Enfin, que dire de nos réseaux d’aqueducs et de nos usines de filtration ? Il est évident que la qualité de la construction de ces installations est intimement liée à la qualité de vie des membres de notre communauté. Enfin, rappelons l’importance de voir nos barrages en mesure de livrer l’énergie nécessaire en raison de nos besoins individuels et collectifs. Il en va de même de nos usines, nos raffineries, nos commerces qui produisent en raison de normes déterminées d’après de hauts standards de qualité. Bref, l’industrie de la construction étant un bien public, tout québécois doit s’assurer que des mesures adéquates et des mécanismes sévères sont mis en place afin de lui fournir les garanties nécessaires à l’obtention de ses buts.
Lorsque la FTQ-Construction exige une formation professionnelle de qualité, c’est non seulement les travailleurs de la construction qui en bénéficient, mais bien l’ensemble de nos concitoyens Nous croyons en ce mandat et nous nous engageons auprès de la population du Québec à continuer de militer en sa faveur.
1- Il est cependant nécessaire d’ajouter qu’initialement la formation professionnelle dans l’industrie de la construction relevait des parties. Ce n’est qu’à compter de la fin des années 1960 qu’elle nous fut soustraite pour être assumée par le gouvernement du Québec. Durant cette période, la formation connut une importante baisse de qualité. Alors, qu’avant la réforme des années 1960, notre main-d’œuvre était recherchée à l’extérieur du Québec en raison de sa formation et de sa qualification, elle devenait en raison de la prise en charge de la formation par l’État, sous-qualifiée. Pourquoi? Tout simplement parce qu’elle ne s’appuyait pas sur l’expertise du milieu. Le coup de barre donné à partir de 1989 à su rétablir entièrement la compétence de notre main-d’oeuvre.






























