Lois sociales
Mercredi, 24 Septembre 2008 01:00
Lois sociales
Le mercredi 24 septembre 2008 – Alors que la campagne électorale bat son plein, que les chefs de partis soignent leur image et tire leur bout de la couverture, les intérêts des travailleurs et des travailleuses sont relégués à la filière X. La crise dans l’industrie forestière, une politique pétrolière désastreuse qui met carrément en péril les secteurs manufacturiers et industriels, des milliers de pertes d’emplois… l’hiver sera long et pénible pour beaucoup de travailleurs et de travailleuses. Sur cette trame de fond, la question de l’assurance-emploi est pourtant centrale. Pour bien saisir les enjeux de cette problématique, voici un bref bilan qui parle de lui-même:
- En 1996, l’accessibilité au régime d’assurance-emploi a été considérablement restreinte, les taux de même que les périodes de prestations ont été réduits de façon significative.
- Depuis plus de 15 ans, les taux de prestations n’ont pas augmenté, n’ont pas été indexés au coût de la vie. Conclusion: les chômeurs sont plus pauvres aujourd’hui qu’il y a 15 ans.
- Successivement, les gouvernements conservateurs et libéraux ont volé l’argent des chômeurs en se servant à même la caisse. Faut-il rappeler que des milliards de dollars, payés par les travailleurs et les travailleuses et destinés à les protéger en cas de perte d’emploi, ont été détournés et utilisés à d’autres fins par les gouvernements sous de faux prétextes de «saine gérance»?
- Cette année, le budget fédéral affiche des surplus de 57 milliards de dollars… et pas un sous de tout cet argent n’est destiné aux chômeurs.
- À ce jour, plus de 50% des cotisants n’ont même pas accès au régime d’assurance-emploi.
La construction et le «chômage obligé»
S’il est vrai qu’actuellement l’industrie de la construction, de façon globale, se porte on ne peut mieux, il faut aussi reconnaître que cette activité s’inscrit dans de perpétuels cycles économiques. Plus on atteint des sommets, plus un ralentissement certain se pointe à l’horizon.
Les travailleurs et les travailleuses de la construction connaissent bien cette réalité pour devoir conjuguer avec ce mal nécessaire. Un chantier durant en moyenne deux mois et demi, imaginez devoir vous trouvez un nouvel emploi tous les deux mois, pendant 30 ans. L’assurance-emploi n’est pas un privilège, un luxe ou encore un surplus de revenus. Il constitue une bien maigre sécurité financière pour des milliers de foyers québécois. D’ailleurs, les travailleurs financent à même leur labeur cette caisse dans laquelle les gouvernements se servent impunément.
Serge Dupuis, directeur des lois sociales à la FTQ-Construction, s’indigne devant ce manque de respect désobligeant: «Nos travailleurs sont écoeurés de se faire traiter comme s’ils mendiaient à chaque fois qu’ils réclament de l’assurance-emploi. Pourtant, ce sont ces mêmes travailleurs qui, chaque matin, se lèvent très tôt pour construire le Québec.»
C’est d’autant plus choquant lorsque l’on constate que le régime maintient volontairement des bassins de travailleurs, de façon à toujours avoir de la main-d’œuvre sous la main. «Le régime crée un chômage synthétique pour pouvoir mieux profiter de cette disponibilité à leur gré. Après, ce sont ces mêmes travailleurs que l’on traite sans vergogne comme des «quêteux»! C’est vraiment aberrant comme système et cette contradiction profonde est injuste pour l’ensemble des travailleurs et des travailleuses», d’expliquer Serge Dupuis.
C-269: mort dans l’œuf
En mai 2006, le Bloc québécois déposait le projet de loi C-269 visant à améliorer l’accessibilité au régime d’assurance-emploi et à le bonifier. Le gouvernement Harper a délibérément bloqué le projet en refusant de lui accorder la sanction royale en novembre dernier, sorte de droit de veto vétuste.
Rappelons aussi que ce projet, pourtant appuyé majoritairement par l’opposition (Bloc, NPD, PLC), ralliait un large consensus social: FTQ, CSN, CSQ, CTC et le mouvement des chômeurs (Conseil National des Chômeurs et Chômeuses - CNC).
La campagne d’opinion publique des Sans-Chemise
La coalition des Sans-Chemise, regroupement national qui réunit le CNC, la FTQ, la CSN, la CSQ, entame une campagne d’opinion publique qui sera appuyée de milliers de pancartes partout à travers le Québec pour faire valoir ses revendications.
Les représentants des grandes centrales syndicales de même que le porte-parole du CNC étaient d’ailleurs réunis dimanche dernier pour une conférence de presse, réclamant des modifications majeures au régime d’assurance-emploi. Au nombre de leurs revendications, on retrouve:
- Une amélioration significative de l’accessibilité au régime
- Une augmentation notable du taux de prestations
- Une plus longue période de prestations
- Une réelle caisse autonome
- L’abolition du délai de carence
La position de la FTQ-Construction
Le dossier de l’assurance-emploi a toujours été d’une importance capitale à la FTQ-Construction et c’est pourquoi elle appuie entièrement ces revendications: «La réalité de nos travailleurs quant à l’emploi nécessite que l’on s’investisse dans cette lutte et que l’on fasse connaître notre position sur toutes les tribunes. La FTQ-Construction a été de toutes les batailles pour l’assurance-emploi et nous continuerons à être présents tant que les gouvernements n’accorderont pas aux chômeurs ce qui leur revient», de poursuivre M. Dupuis.
Il importe de ramener le gouvernement fédéral à l’ordre et de réclamer qu’il cesse de détourner à la fois le régime et ses fonds de leur véritable fonction: protéger les travailleurs et les travailleuses en leur assurant une sécurité économique en période difficile. «L’assurance-emploi, ce n’est pas la charité! C’est une protection, une assurance en cas de coup dur. En détournant des milliards de dollars de la caisse d’assurance-emploi comme l’ont fait les gouvernements libéral et conservateur, c’est dans les poches des travailleurs qu’ils sont venus pillé!», de conclure Serge Dupuis.
À la FTQ-Construction, le 14 octobre prochain, nous nous en souviendrons!
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